Je vais te dire un truc : j’adore les interviews où je peux parler comme je parle dans la vraie vie. Pas en mode “pitch corporate”, pas en mode “j’ai fait 12 écoles, 3 exits et 2 TEDx”.
Juste une discussion humaine, drôle, ultra concrète, où on assume que LinkedIn peut être un terrain de jeu… à condition d’arrêter de se raconter des salades.
Et c’est exactement ce qui s’est passé dans cette interview avec Vincent Poelaert, le fondateur de Firstage et du podcast Rézo Pointé.
On a parlé de rédaction de posts LinkedIn, de copywriting, de personal branding, de stratégie pour les équipes, de carrousels, de haters (spoiler : on en fait un mythe), et surtout d’un truc que tout le monde oublie : le but de LinkedIn, ce n’est pas de faire des vues. C’est de créer des opportunités.
👉 La vidéo complète est ici :
Et ici, je te fais le résumé, avec mon ton, ma patate, et quelques uppercuts bien placés.
On a commencé par remettre les mots à leur place : ghostwriter vs copywriter
Vincent me demande direct la différence entre ghostwriter et copywriter. Et c’est important, parce qu’il y a encore beaucoup de confusion là-dessus.
Je lui explique simplement que le ghostwriter, c’est la personne qui écrit un texte pour quelqu’un d’autre, mais qui est publié sous le nom de l’autre. C’est l’écriture “dans l’ombre”. Typiquement : je rédige ton post, tu le publies sur ton profil.
Le copywriter, c’est plus large. C’est l’art d’écrire pour vendre, de transformer des mots en euros. Ça touche aux pages de vente, au marketing, à la compréhension du client, au persona, à la stratégie. Ce n’est pas juste “bien écrire”. C’est écrire avec un objectif de conversion, même quand tu ne fais pas de vente directe.
Et là, évidemment, Vincent me demande : “Ok, mais toi, tu en es arrivée comment là-dedans ?”
Mon histoire : de “je suis ruinée” à “j’ai créé mon agence”
J’en parle avec beaucoup de franchise dans l’épisode, parce que c’est aussi ça, mon personal branding : je ne fais pas semblant que tout s’est fait en ligne droite.
Je raconte mon retour du Canada en 2020, après le Covid. Je rentre en France complètement démoralisée, sans job, avec cette sensation d’avoir raté tout ce que j’avais entrepris. Et à ce moment-là, je suis à moins 15 000 euros. Pas un petit “moins 500” qui pique un peu. Non. Un vrai trou.
Je suis en Vendée, pas de boulot, pas d’essence, pas d’options. Je reprends des études en virtuel dans une petite école, je cherche une alternance, et je commence à publier sur LinkedIn en mode panique totale. Un post un peu maladroit, très humble, où je demande de l’aide, des conseils.
Et là, je me prends une vague de bienveillance. Des gens me répondent, me conseillent, m’encouragent. Et comme je suis du genre à rendre l’appareil, je commence à publier pour remercier. Je traduis des articles, je résume des podcasts, je partage ce que j’apprends.
Et c’est là que tout bascule.
Des gens commencent à m’écrire : “J’aime ta plume. Tu peux écrire pour moi ?”
Au début, je suis littéralement en train de googler le mot “copywriter” pendant qu’on me demande si je le suis. Je tombe dedans sans faire exprès. Je bouffe du contenu gratuit. Articles, vidéos YouTube, tutos, posts. Je pratique. J’écris. Je m’améliore.
Et de “tu peux écrire mes posts ?”, je passe à :
→ “tu peux me former ?”
→ “tu peux coacher mon équipe ?”
→ “tu peux intervenir en entreprise ?”
En août 2021, je me lance à 100%. Et très vite, je dépasse les plafonds du freelance. Ensuite je crée ma société. Je recrute. Je structure. Et je construis ce qui deviendra Marketing Fastoche, mon agence de personal branding pour dirigeants.
Ce passage de l’interview, il me fait toujours quelque chose, parce qu’il rappelle un truc : tu ne sais jamais quel post va changer ta trajectoire.
Les gants de boxe et le vert : l’histoire est débile… donc parfaite !
Évidemment, Vincent me demande d’où vient “la fille en vert avec les gants de boxe”.
Et je raconte le vrai truc : ce n’est pas un brainstorming de marque. C’est une soirée. Des copines. Du punch. Une phrase lancée à 4h du mat :
“mets du punch dans tes textes.”
Punch. Boxe. Gants.
Et le vert ? Le vert de la canette Heineken posée à côté.
C’est bête. Et ça marche.
Et c’est exactement le message que j’aime marteler : ton personal branding n’a pas besoin d’être compliqué. Il a juste besoin d’être un repère qui te ressemble et que tu tiens dans le temps.
Le cœur de l’épisode : comment écrire des posts LinkedIn sans y laisser ton âme
À ce moment-là, on rentre dans le dur : écrire. Structurer. Être régulier. Et surtout arrêter de perdre une heure pour faire 4 likes.
Je lui donne une idée simple : écrire un post, ce n’est pas un exercice artistique. C’est un exercice d’efficacité.
Le gros problème, c’est toujours le même : tu veux écrire, tu réfléchis trop, tu veux bien faire, tu mets une heure, tu publies… et tu as l’impression d’avoir gâché ton temps.
Donc je lui donne une méthode en trois temps, que j’utilise moi-même :
→ Tu écris d’un coup. Premier jet. Sans réfléchir. Sans juger. Juste tu poses ton cerveau.
→ Ensuite, tu sors la tronçonneuse : tu enlèves les lourdeurs, les “il me semble que”, les paraphrases, les mots inutiles, les phrases qui s’excusent d’exister. Et surtout tu remplaces les “on” par “je” et “tu”, parce que LinkedIn, c’est une conversation, pas un communiqué.
→ Puis tu prends le scalpel : tu raccourcis, tu coupes les phrases à rallonge, tu enlèves les virgules en trop, tu repasses en actif, tu rends le rythme respirable. Et tu relis à voix haute, parce que si tu t’étouffes en lisant, ton lecteur va décrocher en scannant.
Mon objectif est simple : 15 à 20 minutes max pour écrire un post. Pas une demi-journée. Sinon tu ne tiendras jamais.
Et quand tu fais un bide ? Tant mieux. Personne ne l’a vu. Et tout se supprime en un clic. Donc tu peux arrêter de te mettre la pression comme si tu passais le bac.
Les carrousels : la “princesse du carrousel” a parlé 👑
Vincent me lance sur les carrousels, et évidemment, je suis comme un gosse.
Je le redis : le carrousel est un format surpuissant sur LinkedIn, parce qu’il garde les gens plus longtemps, il prend plus de place dans le feed, et il est parfait pour structurer une idée.
Mais je tape aussi sur les carrousels PowerPoint illisibles, avec 25 slides blindées de texte. Personne ne lit “Le Père Goriot” sur LinkedIn. Personne.
Je donne quelques principes simples : ton carrousel doit être lisible sur mobile, hiérarchisé, et surtout pensé comme une expérience. Une cover qui donne envie. Un déroulé qui se lit vite. Peu de texte. Du rythme. Et une dernière slide avec un seul appel à l’action. Pas une signature mail. Pas un numéro de téléphone. Un seul CTA.
Et j’insiste sur un truc que j’adore : mets-toi en scène. On veut voir ta tronche. Même si tu es en “tête de ratatouille” à 8h du mat. Les vrais gens aussi ont une tête de ratatouille. Et c’est exactement ça qui crée du lien.
LinkedIn en entreprise : employee advocacy et stratégie collective
Un autre sujet fort de l’épisode, c’est la stratégie pour les équipes. Comment faire quand tu es CEO et que tu veux que tes collaborateurs publient, sans leur imposer une ligne et sans transformer la com en dictature ?
Je le dis clairement : LinkedIn est fait pour les profils, pas pour les pages entreprises. La page entreprise, tu peux la voir comme une vitrine, mais la puissance est dans les profils des personnes.
Donc si tu veux une stratégie solide :
→ tu optimises les profils (comme des landing pages)
→ tu formes les gens à écrire avec leur ton
→ tu construis une toolbox de marque (codes, couleurs, angles) sans uniformiser les personnes
→ tu crées une dynamique collective, avec des objectifs, des petits jeux, de la reconnaissance
Et surtout : tu ne demandes pas aux collaborateurs de repartager la page entreprise comme des robots. Tu veux du contenu original, incarné, humain.
Les haters, le “LinkedIn journal intime” et le groupe Neurchi
On a aussi parlé d’un sujet un peu plus piquant : les haters, les posts morbides, LinkedIn qui ressemble à Facebook.
Mon avis est nuancé : LinkedIn n’est pas un journal intime. Si tu racontes un truc dur, il faut qu’il y ait un message, une utilité, une valeur. Sinon tu t’exposes pour rien, et tu attires aussi des commentaires pas cool.
Je parle aussi du groupe Facebook “Neurchi de LinkedIn”, qui se moque des posts LinkedIn. C’est violent, mais ça permet de prendre du recul : ton contenu doit rester digne, utile et cohérent. Pas juste fait pour gratter des likes.
Et surtout, je le redis : les haters sont un mythe sur LinkedIn. La majorité des gens sont bienveillants. Et même quand un commentaire te pique, tu peux le supprimer. Tout est supprimable. Donc ça ne doit pas te pourrir la journée.
Ce que je veux que tu retiennes de cette interview
Si je devais résumer l’épisode en une phrase, ce serait celle-ci :
Tu peux écrire ce que tu veux sur LinkedIn, mais si tu n’as pas de ton, pas de structure et pas d’intention claire, tu vas t’épuiser.
Et l’inverse est tout aussi vrai :
si tu prends ta place, si tu assumes ton style, si tu écris avec empathie, si tu donnes de la valeur et que ton profil est optimisé… LinkedIn devient un levier d’opportunités énorme.
Tu n’as pas besoin d’être parfait.
Tu as besoin d’être toi.
Et régulier.
Et comme je l’ai dit dans l’épisode : oui, tout a déjà été dit.
Mais jamais avec ton ton. Jamais avec ton attitude. Jamais avec ta tronche.
C’est précisément pour ça que ça marche.
Si tu veux écouter l’épisode complet, fonce. Il est long, riche, vivant, et on rigole aussi pas mal.
À plus dans le bus, et à bientôt sur le réseau 🥊


Laisser un commentaire